Vivre une semaine comme s’il s’en était passé tout plein

Le bilan de la semaine dernière a soulevé plus de questions qu’il n’a apporté de réponses. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’on vit une quantité monumentale de choses intenses chaque jour. La semaine écoulée en est un excellent exemple.

Alors qu’on flânait un dernier coup dans la bouillonnante Istanbul et ses 18 millions d’âmes hier soir, on a réalisé que 7 jours auparavant, on flânait plutôt seulEs avec quelques lièvres sauvages sur une presqu’île à Limnos. Et dire que parfois on ne comprend pas trop pourquoi on se sent un peu fatiguéEs…

Entre ces deux mondes, il a aussi fallu revenir sur le continent, puis quitter la Grèce, puis entrer en Turquie (oui, on insiste, ce sont bien 2 choses distinctes), commencer à s’habituer à la Turquie, entrer dans Istanbul, vivre à Istanbul puis quitter Istanbul ! FatiguéEs, on disait ?

Dimanche dernier, on a quitté Limnos à grand regret. La 8ème île de Grèce (en termes de taille) nous a vraiment bien plu. On reprend le ferry, cap sur Alexandroupouli, petite ville qui nous décevra en bien tant on l’a trouvée chouette alors qu’on n’en attendait pas grand-chose. Juste de nous servir de rampe de lancement pour passer en Turquie, en fait. Et qui dit changement de pays, dit test covid. Seul point noir d’Alexandroupouli : la difficulté à trouver un endroit où faire un test et aussi à dénicher des infos sur ledit test alors qu’on est à 30 minutes de la frontière. Car quand même la personne qui te fait le test rapide ne sait pas si ça suffira pour passer chez les voisinEs, tu te dis… qu’il faudra y aller au talent !

Durums et baklavas, on vous veut!

Il faut savoir que ce n’est pas l’amour politique fou entre la Grèce et la Turquie. C’est donc en croisant de plus en plus de blindés, de chars, d’hélicoptères et de soldats planqués dans les buissons qu’on prend la route vers l’est. Ambiance !
Aah, et pour le test covid, après avoir atterri dans un hôpital désaffecté en suivant le GPS, on est finalement tombéEs vraiment par hasard en errant dans le centre-ville sur un endroit où se faire gratuitement grailler dans le nez… Tests antigéniques, OK ! Formulaire de santé, OK ! On peut donc y aller ! (enfin, on espère !)

Ça, c’est de la frontière

En chemin, on parie sur le temps que nous prendra le passage de la douane. 2 heures, dit Philou. 1 heure, dit Valou. Temps final : 19 minutes, qui ont paru bien plus, parce que 19 minutes en retenant son souffle, c’est long Surtout qu’un très beau parcours d’obstacles nous attendait. Première étape: on tend nos passeports, on nous les rend quelques secondes après, trop beau, tout est en ordre. Déjà ? Ahh merde, ça c’est la douane grecque… on continue, alors !  Deuxième étape : une dame en habits médicaux, une autre comme si elle avait gardé son pyjama pour aller travailler, sortent d’un porte-à-cabine en gesticulant. Elles s’approchent de nous. On comprend que c’est pour discuter corona, mais ces deux braves dames ne parlent…que le turc ! On tente de se comprendre quand même, on leur montre le résultat de notre test : un sms en grec, on branle la tête avec un air dépassé (technique qu’on maîtrise de mieux en mieux et qui commence à faire ses preuves !). Elles gesticulent un moment encore jusqu’à ce que leur collègue masculin de la cabine plus loin ne s’impatiente vraiment trop. Il leur crie quelque chose, elles nous laissent passer. On vient de décrocher notre sésame pour le troisième arrêt ! Troisième étape : parmi tous les mots de la phrase en turc que nous répète le collègue masculin, on en comprend phonétiquement deux : « desinfekion » et « mani ». On se gicle donc fissa du liquide sur les mimines. On comprend enfin qu’il veut de la thune. On paie alors 30 TL (turkish lira, l’équivalent de 3 CHF) pour…désinfecter Louise. La fin du troisième arrêt consiste en effet à passer dans un tunnel comme les tunnels de lavage dans lequel les véhicules sont aspergés de désinfectant. Si le monde éradique la maladie, ce sera peut-être grâce à la Turquie !
Quatrième étape : ce n’était évidemment pas à propos, ni très conseillé de prendre des photos, quel dommage ! il faut imaginer un grand pont. A un bout, deux gardes grecs dans leur cahute et sous leur drapeau. A l’autre bout du pont, même schéma, mais couleurs turques. Tout ce beau monde se regarde en chiens de faïence, à l’affût du moindre assaut lancé par le camp adverse. Et nous, on passe là au milieu, il n’y a que nous, et Louise, qui tente de ne pas caler. Cinquième étape : contrôle des passeports, rien de spécial à signaler si ce n’est qu’on remercie peut-être quand même un peu l’effet du passeport rouge à croix blanche. Sixième étape : contrôle du véhicule. L’une des plus redoutées par Philippe, qui déteste les douanes. Valentine a l’impression qu’il est sous psychotropes. Il est hyper tendu, ne comprend rien de ce qu’on lui demande, essaie de remonter dans le bus par la droite après l’inspection et les papiers. Il faut dire que Valentine ne l’aide pas trop, attend sagement à sa place que ça passe. Les douaniers postés là regardent l’intérieur du bus en levant le pouce et en fumant tranquillement. Sixième étape réussie, la dernière !

On passe donc plusieurs « portes » impressionnantes par leurs dimensions, on crie un bon coup, on y est !

Entrée en matière on ne peut plus hospitalière

Pour notre première nuit en Turquie, on choisit un petit village le long de la route qui doit nous mener jusqu’à Istanbul. On s’apprête à passer une soirée/nuit tranquille, mais c’est sans compter sur l’hospitalité turque qu’on ne tarde pas à découvrir. Deux heures après avoir parqué Louise à la sortie d’un village, le propriétaire du voisin vient nous dire bonjour. Peu de temps après, une voiture arrive. On comprend alors qu’il a averti le maire de notre présence. Il est donc à son tour venu nous voir avec son fils. Dans un anglais chancelant et largement aidéEs par l’outil de traduction de nos téléphones, on convient que nous devons nous déplacer à l’intérieur du village. De l’avis du maire, ce sera plus sûr et nous aurons de l’eau et des toilettes. On finira donc la soirée dans le parc de la mosquée, après rencontré l’imam, salué la moitié de la population, fait des photos, reçu des fruits, légumes, œufs des jardins alentour, bu 2 thés apportés directement au bus… ça, alors ! Le contraste est saisissant avec la Grèce, où ça nous est à peine arrivé une fois ! Les gens nous parlent en turc même si on ne comprend rien, on réalise que cet outil de traduction va devenir un précieux partenaire.

Le maire n’a pas manqué d’afficher sur son mur notre passage dans sa bourgade…

Istanbul, ton univers radieux mais impitoyable

Après avoir visité le potager du maire et de toute sa famille, on tente de s’en aller. C’est qu’il nous tarde d’arriver à Istanbul, où là encore, on a pu faire marcher les contacts. Résultat : la sœur du papa d’un ami de Philippe nous accueille pour quatre nuits chez elle. De quoi garantir une place sûre à Louise, et ne pas avoir à dormir en pleine ville dans le van. Une fois devient la coutume, on est reçuEs avec les honneurs. Senyie, notre hôtesse, ne parle pas l’anglais. On enrichit notre vocabulaire turc de quelques mots, on use et abuse du traducteur. Le lendemain matin, Senyie nous prépare un petit-déjeuner turc : thé, concombre et tomate, fromage et différents pains. Elle invite ses voisines, dont certaines parlent un peu l’anglais, et le courant passe tant bien que mal. Ce petit rituel sera le nôtre quatre matins durant, les voisines de pallier venant toujours sonner au moment où on allait sortir…

On aura donc profité d’Istanbul trois jours pleins avant de s’en aller. Valentine y était déjà allée une fois, alors que c’était une découverte pour Philippe. Istanbul, c’est trop beau et dépaysant. On visite les deux grosses mosquées du centre, et on admire les dizaines d’autres mosquées de loin. On voit aussi le musée d’archéologie, la rive asiatique, l’une des grosses artères commerciales, le Grand Bazar et celui des épices. On fait une croisière sur le Bosphore et on déambule dans toute une série de quartiers. Il y a beaucoup de monde au centre-ville, de trafic, de grosses voitures, de marchands qui crient ou qui appâtent le chaland, de pêcheurs, un joli nuage de pollution pour nous envelopper. L’agglomération est tentaculaire, les groupements d’immeuble semblent s’étendre à l’infini sur les collines. Il n’y a pas un mais plusieurs quartiers d’affaires avec des buildings vitrés et si hauts. On ne parle même pas de la quantité d’autoroutes à quatre pistes qui s’entremêlent dans des échangeurs à donner le tournis.

Ce séjour citadin était très chouette et riche, mais éreintant à la fois. On descend maintenant quelques heures plus au sud, à la découverte de villes plus petites mais historiquement importantes. A la recherche aussi d’un itinéraire pour ce pays dans lequel on le droit de rester 90 jours maximum, mais qu’on ne sait pas par quel bout attraper…

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