Amour, gloire, beauté, chaleur et tourisme de masse sur la Riviera turque

On peut de nouveau rouler, mais la boîte à vitesses est plutôt rafistolée que comme neuve. Conséquence : c’est devenu compliqué de manier le pommeau. Il faut forcer et retenir en même temps.

Philippe s’en sort comme un chef (bon, OK, il sue parfois un bon coup quand la deuxième ne rentre plus et qu’on est sur une route à quatre voies avec des voitures de tous les côtés). Valentine, par contre, a plus de mal et a peur de « tout casser », avec sa délicatesse et sa patience légendaires. Elle retentera de prendre le volant quand il y aura moins de trafic.

Oui, car la solitude des routes grecques semble bien loin. Depuis qu’on a quitté Milas, on croise pas mal de monde en roulant. Normal ! La côte sud au mois de juillet, c’est l’endroit et le moment que choisisse une bonne partie de 83 millions de Turcs/-ques pour leurs vacances ! Bon, on leur en veut moyennement de rester dans leur pays quand on sait qu’en fait, même pour des vacances en Europe, il leur faut un visa…Du coup, c’est un peu dans cette ambiance balnéaire qu’on baigne depuis une semaine.

Dans la péninsule de Datça, où on a retrouvé Nuri et son amie, Nurcan. Nuri est turc. Il est aussi le papa de Damien, un bon pote de Philou, et passe 3 mois dans son pays natal. Le couple nous attendait dans un camping « à la turque » proche du village au nom évocateur de Palamutbükü. On s’y est attardéEs 3 nuits, entre retrouvailles, baignade dans une eau cristalline et glace au lait de chèvre. On s’est équipéEs en masque, tuba et lunettes de natation pour plus de fun dans l’eau. Le tout par des températures de presque 40 degrés la journée, et à peine moins de 35 la nuit. On était du coup contentEs d’être dans un camping et de pouvoir ainsi dormir la porte du coffre ouverte.

Les Turcs/-ques en camping, ça donne ça : beaucoup beaucoup beaucoup de familles ou de groupes d’amiEs sur un espace relativement restreint (qui plus est, bien en pente dans notre cas, mais ça n’avait l’air de déranger personne). Un ratio tentes/caravanes plus favorable aux premières mentionnées, des voitures au plus proche de la tente et parquées partout et n’importe comment, des maisons entières déménagées pour l’occasion (la sacro-sainte théière, ses parties amovibles et son réchaud (au feu de bois pour les puristes !), des litres d’eau et des pastèques, on a même pu regarder la finale de l’Euro grâce à un type qui projetait le match contre sa caravane avec un beamer), des saisonniers/-ères qui bossent du matin au soir et dorment sur une chaise longue. « C’est complet, mais on va vous trouver de la place » résume bien la manière dont sont gérés les lieux, où on va et on vient à l’heure qui nous convient.
Chouette découverte donc que cette péninsule. Chaleur oblige, on l’a parcourue principalement par la route principale jusqu’à notre point de chute. On a juste poussé en vélo jusqu’au bled d’à côté, au prix d’une montée aussi pénible que la vue était belle.

Puis, cap sur Marmaris, ville portuaire logée dans les méandres de la côte (une côte peut-elle vraiment avoir des méandres ?). On laisse Louise à l’entrée de la bourgade et on chevauche nos vélos pour aller visiter. Super balade d’autant plus agréable qu’il y a une piste cyclable. Son tracé nous emmène de la promenade maritime à la zone des grands hôtels devant lesquels on bave à la fois d’envie et de dépit. De quoi passer un superbe séjour « mouton ». La clientèle est parquée dans des petites chambres identiques par dizaines. Elle passe la journée entassée sur des mini-plages où les transats sont les uns sur les autres. Ce joyeux troupeau chemine à la queue leu leu entre la piscine pour le matin et le comptoir du parachute ascensionnel pour l’après-midi. On nous décrira plus tard la ville comme le « Ibiza local », faut dire que c’est pas mal résumé ! On passe même devant un « Dolphin Park », où on devine des dauphins en captivité dans des bassins cachés par des bâches opaques sur lesquelles on peut lire « Anti-stress therapy ». Une photo de jolie petite fille blonde à manchons à côté de l’une de ces pauvres bêtes complète le tableau.


On se baigne vite fait pour se rafraîchir et profiter du panorama splendide de la baie. Le littoral est tortueux (« torturé », dirait Philou) et ça crée des baies et des presqu’îles à n’en plus finir. Il y a aussi énormément de petites îles autour desquels les yachts, les voiliers et les bateaux touristiques d’excursion à la journée s’en donnent à cœur joie. Mais même dans l’eau, il faut presque jouer des coudes pour faire deux brasses… En fin d’après-midi, on reprend la route. Etape suivante : la région de Daylan, pour y admirer des tombeaux sculptés dans la roche.

Ce tombeau sera votre tombeau !

Le lendemain, visite desdits tombeaux après une matinée sur une plage où viennent pondre les tortues la nuit. Un phénomène qu’on peut observer de mai à juillet environ sur toute cette partie de la côte. En 24 heures, on fait deux rencontres complètement improbables. D’abord, celle de deux Valaisannes dans une voiture de location qui ont repéré nos plaques. Elles passent des vacances dans le pays et se sont arrêtées pour observer le coucher de soleil alors qu’on s’installait pour la soirée au bord d’une petite route. On discute jusqu’à ce qu’il fasse nuit, ça fait trop bizarre d’entendre cet accent. Puis le lendemain, alors qu’on marche dans Daylan, Valentine reconnaît l’une des filles espagnoles rencontrées à l’époque du collège dans le cadre d’un séjour linguistique. Elle crie son prénom, Raquel se retourne et on discute un petit moment. Elle a épousé un Turc, ils nous donnent une foule de conseils sur les quatre coins du pays. Ça remet en question une énième fois notre itinéraire…Les tombeaux sont très impressionnants et comme neufs. On les contemple en sirotant un jus de grenade et en se baladant au bord de la rivière à leurs pieds. Ils contiennent les dépouilles de rois lyciens, 5ème siècle avant JC.

Prochain stop, Fethiye

On continue jusqu’à la périphérie de Fethiye. On s’arrête au bord d’une grande plage pour la nuit. En se promenant le long de celle-ci, on observe que resorts, petites pensions et campings à même le sable et là aussi bondés se succèdent. Du monde, du monde, du monde ! Dès les 8-9 heures du matin, ça débarque en masse au bord de l’eau. La saison bat son plein et beaucoup de touristes d’Ukraine, de Russie et du Royaume-Uni semblent en profiter.
Pour découvrir le centre de Fethiye, mêmes bécanes, mêmes pistes cyclables, mêmes litres de transpiration qu’à Marmaris. On essaie d’éviter les heures chaudes, mais c’est un peu compliqué quand elles s’étalent de 8 heures à 20 heures… Surtout qu’il faut aussi profiter des moments de « fraîcheur » pour rouler et dormir. Véhicule et chambre à coucher climatisés, on en rêverait presque quand même un peu !

36 heures à Kas

On roule de 20 heures à 22 heures, et c’est fort agréable, pour arriver à Kas. C’est plus petit, mais le tourisme y est tout aussi massif et il s’absorbe moins facilement que dans une plus grande localité comme Fethiye. Résultat : des voitures partout dans des rues monstre raides, et plus une chaise longue de libre à la plage. Le super spot repéré sur Park4Night…n’a rien à voir avec la réalité. Des chaises longues recouvrent chaque centimètre carré de la crique où l’on peut se parquer sans souci en basse saison. On se fait une place tant bien que mal entre la route et les containers. Plus la force de chercher un autre endroit, et de toute façon, il n’est pas certain qu’on en trouve, d’autre endroit. On passera finalement deux nuits à cet endroit, parcourant la ville et la presqu’île toujours sur nos deux roues. On commence à avoir notre dose de monde mais on relativise. Ces moments au bord de l’eau sont les derniers avant qu’on ne rentre à l’intérieur des terres. Et on se prend à rire des Instagrameuses de tous poils qui posent sans honte ni gêne les pieds dans l’eau cristalline affublées de leur plus belle « camisole » de plage, dixit Philou.

On a continué à longer la côte vers l’est ce matin via une belle route panoramique pour une ultime halte au bord de la Méditerranée. Sur notre chemin, on a traversé des hectares de serres, qui forment comme une mer de plastique blanc. Plusieurs personnes nous ont parlé de Olympos, l’endroit où on se trouve actuellement. Le coin est plus calme, plus « hippie », avec des cabanes dans les arbres, des plages plus grandes, plus calmes, plus sauvages.

On terminera sur cette photo, qu’on hésite à proposer au BPA local pour sa prochaine campagne de sensibilisation au port du casque! Güle Güle! (au revoir en turc)

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