« Afyet olsun evet tamam karadut poset yok türkish yok cig köfte balik yemek »

(Le titre de cet article ne signifie rien de particulier. Il s’agit simplement d’un alignement de mots qu’on a appris et qu’on répète à longueur de journée…)

Güle güle (bye bye) la Cappadoce, ses paysages uniques et ses « UNESCO boutique hotels ». Oui, sérieusement. « UNESCO boutique hotel ».

Le concept nous a été vendu par un Securitas désœuvré qui surveillait un énorme chantier. Tout excité que quelque chose d’incongru se passe enfin dans sa journée, il nous a levé la barrière qu’il gardait et permis de visiter l’entrée du site. Deuxième temps fort pour lui : devenir l’espace de quelques minutes le guide touristique qu’il a toujours rêvé d’être en nous ouvrant la porte de la petite église en face de sa cahute. Et de nous expliquer fièrement dans un mélange de turc et d’anglais que le complexe sera hyper beau, hyper luxe, hyper historique. En redescendant de cette colline surplombant le village d’Urgup, on finira de s’informer grâce à un panneau détaillant les coûts faramineux de ce projet dit de préservation et de mise en valeur des ruines troglodytes anciennes…

Après les cailloux, la plage !

Mais revenons à nos brochettes de mouton. On a donc dit au revoir à la Cappadoce, à Audrey et Tim et à nos envies de tout à l’est. On a repris la route droit au nord ou presque, direction Samsun. En chemin, on a fait une halte à Hattusa pour y visiter (encore !) des vieux cailloux dans l’ancienne capitale du royaume hittite (les ancêtres des TurcQUEs, on parle du deuxième millénaire avant JC !). L’endroit est gigantesque, dans un cadre magnifique et entouré par une muraille de 6 km qui atteignait parfois 30 mètres de hauteur. Ensuite, et alors qu’on ne pensait pas revoir la Grande bleue avant un moment (si on était partiEs à l’est), cap sur la Mer noire !

On est arrivéEs sur la côte à la hauteur de la grouillante Samsun. Les villes se suivent et se ressemblent des barres d’immeubles en périphérie, des grandes routes à quatre voies qui passent en plein centre et sont bardées de feux rouges. Un monument à Atatürk, un musée pour dire qu’il en existe un. Samsun, c’est très grand, à tel point qu’il nous a fallu deux jours pour comprendre où était le centre. Samsun, ce n’est pas très plat, les quartiers s’étendent toujours plus sur les collines alentour. Un peu comme à Istanbul en fait, la mer en bonus.

Mosquée moderne plutôt original à Samsun


On s’en est donné à cœur joie sur la piste cyclable de la promenade maritime avant de ressortir les maillots de bain sur une longue plage pas loin. Y’a du monde, ça se baigne, mais l’atmosphère est bien moins jet set que sur la Méditerranée. Pas de transats alignés, des voitures à même le sable, qui est un peu plus gris mais ça dépend où. Des familles avec leur théière à bois font des pic-nic gargantuesques, des types chelou qui viennent fumer dans leur voiture tunée, des déchets un peu partout. Sans vouloir donner la leçon ni ne faire que critiquer, ça nous a valu un sacré coup de gueule, beaucoup de discussions pour comprendre pourquoi et comment on peut en arriver là, et ça nous a aussi rendu bien tristes. Toutes les plages où on est passéEs sont vraiment pleines de déchets. Il y a rarement des poubelles, c’est vrai. Mais les gens font tout en voiture, se parquent à deux mètres d’où ils se posent donc difficile d’expliquer qu’il y ait autant de saleté. On pourrait parler de ça des heures durant, mais bref. On espère vraiment qu’il y ait une prise de conscience autant au niveau des habitudes de consommation qu’au niveau de la « poubellisation » des déchets ensuite. On ne s’habitue pas à voir des gens balancer leurs papiers, capsules, bouteilles par la fenêtre de la voiture.

Breeeeeef! On passe une nuit un peu agitée là, pas loin d’un « dügün salonü » (salon de mariage). On s’en est renduEs compte un peu tard et on a profité des talents du dj comme si on était sur le dancefloor !

Y’A DES DAUPHIIIIIIIIIINS !

A 130 kilomètres de là, on a ensuite fait étape à Sinop, bourgade balnéaire pleine de charme. On se pose là aussi au bord de l’eau. On ne pensait pas pouvoir se baigner dans la Mer noire à cause des courants mais que pouic. L’eau est même plutôt chaude. Un matin, Valentine est partie marcher le long de la plage, jumelles en bandoulière. Elle reviendra vers Philippe au pas de course et la mine triomphante : « Y’A DES DAUPHIIIIIIINS ! ». La bonne et grosse surprise! On est retournéEs les regarder, c’était incroyable. On ne les voyait pas vraiment à l’œil nu mais super bien avec les jumelles. Il y en avait plusieurs qui sautaient à intervalles réguliers au large. Trop trop beau !

De l’impossibilité de randonner dans les montagnes de Küre

Après un 1er août-fondue dans une crique un peu seulEs au monde, on a repris la route. Les montagnes de Küre et leur parc national, on les avait repérées depuis un bon bout de temps. On n’a pas regretté le détour dans ces immenses forêts vallonnées avec des petits villages perdus auxquels on n’accède que par des routes en gravier. Les heures à rouler dans le coin étaient magnifiques et nous ont permis d’admirer des maisons en bois, choses qu’on n’avait plus vues depuis un bail ! Ces maisons ressemblent en fait à des chalets pour certaines, ou sont construites moitié en bois, moitié en brique. Bref, on se serait cru dans les Grisons de la Turquie, en quelque sorte. Mais en cherchant davantage d’informations sur où, quoi, comment pour faire des balades, on a commencé à galérer. Aucune carte pédestre, très peu d’infos sur internet même en anglais, une visite ratée dans un office de tourisme. Sur la route, on change plusieurs fois d’itinéraire, destabiliséEs par des panneaux qui contredisent nos plans ou se contredisent eux-mêmes. On continue un peu au bol, ou au talent, c’est selon. C’est finalement une discussion avec un enfant de la région expatrié en Allemagne qui permettra de nous aiguiller un peu. Le bonhomme est venu admirer Louise, on en profite pour lui poser des questions sur la région. De fil en aiguille, on comprend que l’on va se retrouver dans la même configuration qu’en Cappadoce. Payer d’abord pour se parquer (sur d’énormes parkings où les voitures s’entassent le plus près possible de l’entrée du site en question) puis pour marcher en file indienne derrière des familles en chlappes qui boivent des canettes de soda et font des selfies. On y va quand même pour voir et tout ça se confirme ! Chaque canyon, cascade, grotte est barricadé, impossible d’y entrer ailleurs que par un portail où on vend des tickets. A peu près à 100 mètres de cet endroit, des magasins de souvenirs et des baraques à gözleme. Le coup de grâce viendra de ce panneau du parc spécifiant par un pictogramme qu’il est « dangereux de s’écarter du sentier ». Ledit sentier étant une autoroute à promeneurs/-ses de 3,1 kilomètres au bout duquel des taxis attendent celles et ceux qui n’auraient plus de force pour faire le retour à pied… On rend donc les armes et on se dit qu’on aura au moins appris une chose : il n’est pas possible de randonner en Turquie, du moins dans ce coin de pays-là. Intellectuellement, c’est bizarre de se dire qu’on ne peut pas juste marcher dans la nature. En même temps, pourquoi créer puis entretenir des sentiers si personne ne les utilise…Mais après avoir posé la question à des locaux, à des touristes, à la police, à toutes les applications de localisation qu’on utilise, difficile de tirer une autre conclusion…

L’expérience ne ressemble donc pas vraiment à ce à quoi on s’attendait. Mais puisqu’on a roulé jusque-là, on décide de quand même suivre les recommandations qu’on nous a faites et d’aller voir le canyon de Korma. Il se traverse grâce à 3 kilomètres de passerelle en bois, et il faut reconnaître que l’ouvrage est impressionnant et très bien réalisé. La promenade vaut tout de même l’os, elle nous fait longer la paroi du canyon à plusieurs dizaines de mètres au-dessus de la rivière. A la fin, une chute d’eau, cerise sur le gâteau. De retour au parking, on profite des cabanes de pic-nic, des hamacs et des places de feu. Ça au moins, c’est cool. On comprend que c’est comme ça qu’on « vient » et qu’on « fait » de la montagne ici.

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