Dernières semaines dans le pays où les hommes ont la retraite à 70 ans

Se dire une nouvelle fois que le temps a filé, et trouver quelque chose à raconter ici !

Non pas qu’il ne se soit rien passé. Philippe a eu un petit coup de mou, qu’on a attribué en grande partie au choc culturel. Et le voilà maintenant souffrant, d’un mal qu’il n’arrive pas trop à définir. On a été réveilléEs une nuit par les gendarmes, lors d’un échange qui a tourné au dialogue de sourds et qui les a contraints à réveiller un de leurs potes par téléphone interposé pour que la conversation puisse se faire en « anglais »… en résumé, on n’a jamais vraiment compris ce qu’ils voulaient ni pourquoi ils nous ont approchéEs, mais se sont allés sans autre forme de procès. Il a plu dans le bus, les grosses chaleurs passées ayant fait craqueler le joint en silicone du lanterneau sur le toit. Il a plu tout court, ce qui est en soi un événement par ici. Dont Philippe s’est beaucoup réjoui d’ailleurs et qui a beaucoup perturbé Valentine. Et qui, aux deux, nous a permis de nous rappeler notre patrie. On a échappé à des inondations qui ont touché 3 provinces par lesquelles ont est passéEs la semaine dernière. On a passé le cap des 5 mois de voyage. On a fait de chouettes rencontres et pu discuter (enfin !) en anglais et un peu plus intensément avec des TurcQUEs de notre âge et vraiment sympas. On leur a dit notre désarroi à propos des déchets, qui les a laisséEs sans vraiment d’explication…

Ci-dessus, deux versions du sacro-saint « kahvalti », ou petit-déjeuner turc. A gauche, dans sa version campagnarde, à droite, dans sa version Deluxe (il manque juste les frites sur la photo…). Cette spécialité porte plutôt mal son nom puisqu’elle se déguste à toute heure.

Maraîchage, nous voilà !

Puis pour varier les plaisirs, on a décidé en quelques heures de chercher un Workaway pour nos dernières semaines turques. Louise est donc parquée depuis quatre jours dans la campagne, dans une ferme bio, à 150 kilomètres à l’est d’Istanbul. On cohabite avec :

– Berin, 73 ans, aux commandes de l’exploitation maraîchère d’1,7 kilomètres carrés

– les employées de Berin, une demi-douzaine d’ouvrières qui nous parlent en turc et nous crient de venir manger et nous remplissent l’assiette généreusement et nous impressionnent par leur résistance physique. Selon Berin, la retraite se prend à 65 ans pour les femmes et à… 70 ans pour les hommes en Turquie ! Elle nous a aussi expliqué qu’il est possible de la prendre avant mais sans toucher de rente… Retraite ou pas, on a souvent remarqué que des personnes « âgées » continuent de travailler ici. On voit aussi énormément de seniors dans les champs et les jardins, du travail non rémunéré. Pas sûr qu’il y ait beaucoup de places en EMS dans le coin ! Aussi, parmi toutes les familles en vacances croisées dans les endroits touristiques, quasi la totalité « trimballait » avec elles une belle-mère…

– les autres volontaires, Darwin et Sherly (un couple de Colombie de 37 ans) ainsi que Cindy (une Française de 44 ans)

C’est beau et calme, il n’y a pas de voiture qui laisse tourner le moteur pour rien. Il y a de la verdure, des tomates qu’on regarde pousser un peu partout, pas de déchets, plus besoin de raconter six fois par jour qu’on vient de Suisse, que, oui, est mariéEs mais que, non, n’a pas de « bebek », bébé. Ça fait une bonne pause !

On se lève tôt et comme on est déjà sur place, on commence directement à désherber les allées de légumes. La tâche est toujours la même jusqu’à maintenant, de 7 heures à 13 heures avec une pause petit-déjeuner. Le travail est sans fin, personne n’a eu le temps de s’y coller depuis le printemps et les pluies abondantes ont bien aidé les mauvaises herbes à s’étendre et à s’étendre encore. On a mal au dos, aux cuisses et aux bras, on finit le corps crépi de terre mais on kiffe. Et on discute pas mal en travaillant avec les autres bénévoles. Tout le monde parle espagnol, qué genial ! Valou retrouve sa fluidité d’antan, Philou progresse sans cesse. Nos trois collègues sont super cool et intéressantEs. On se retrouve toustes sur pas mal de questions. Les spécialistes parleront « d’hétérogamie sociale », nous, on ne s’étonnera que moyennement de se retrouver qu’avec des « comme nous » sur ce genre de projets et dans ce genre d’endroits. Personne n’a vraiment envie de retourner dans son pays, tout le monde se cherche un peu et essaie, en attendant, simplement d’apprécier chaque jour, les uns après les autres. Le genre de contexte qui nous conforte dans notre choix autant qu’il resserre peut-être un peu nos œillères…

Le repas du milieu de journée se prend à nouveau avec les employées et puisqu’on ne peut pas vraiment parler avec elles, on améliore encore davantage notre communication non verbale. Ces repas sont de bons moments malgré tout où on s’observe parmi et qu’on découvre les habitudes et les façons de faire des autres. La nourriture est celle de la campagne, simple mais bonne, et composée de produits maison. On en profite pour goûter encore de nouvelles recettes.

Les après-midis sont libres. ChacunE vaque à ses occupations, même si on discute à nouveau pas mal. A nouveau, on est contentEs de vivre une chouette expérience dans un joli coin de pays ! On en profite à fond avant de reprendre la route et de mettre le cap sur la Grèce !

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