Plus belle la vie de chantier, deuxième saison

La construction naturelle, c’est du sérieux ! Les deux semaines à Eleochoria ont filé sans qu’on ne s’en rende compte.

Les journées étaient bien remplies et très prenantes. On travaillait entre cinq et sept heures par jour en s’accordant des bonnes pauses avec les autres, principalement à l’heure des repas. Deux semaines les mains dans le cob, ce mélange argile – sable – paille – eau, qu’on appliquait en pressant avec le bout des doigts comme première couche d’enduit sur les bottes de terre – paille qui avaient été posées au préalable dans l’ossature en bois de la maison. Deux semaines à répéter les mêmes gestes, heure après heure. C’était probablement pour nous deux la première fois qu’on faisait quelque chose d’aussi machinal. Et on a bien aimé, même si c’était malgré tout assez physique et qu’on s’est retouvéEs avec des courbatures assez surprenantes…aux doigts ! Comme on changeait de mur au fur et à mesure, qu’on discutait ou qu’on écoutait de la musique (et chantait très fort !) en bossant, le temps finissait toujours par passer assez vite. Il fallait aussi fabriquer ce mélange cob et réaliser quelques tâches annexes parfois, de quoi faire une pause d’enduit. On a pu constater une nouvelle fois que la patience est une composante essentielle de la construction naturelle. Il faut aussi préciser que Yiannis et Vanessa choisissent vraiment des méthodes traditionnelles pour les différentes étapes du chantier et que c’est pour ça que tout prend du temps. Le mélange se fait par exemple à la main et avec les pieds alors qu’on aurait pu opter pour la bétonnière.
La pose de la première couche avait déjà commencé avec notre arrivée et en quinze jours, on a presque fini l’extérieur… il y avait des moments où on n’avait l’impression de ne plus avancer et puis tout à coup, hop, on terminait toute la façade ouest !
Pour les heureux propriétaires des lieux, encore un bon coup de reins pendant les beaux jours, un travail un peu moins intensif cet hiver et le tout devrait être fini au printemps prochain.

Notre deuxième séjour chez nos amiEs a été ponctué par les arrivées et départs de plusieurs bénévoles Workaway. Pour les volontaires, Yiannis et Vanessa ont installé un petit campement au bout du terrain où se bâtit la maison. On en a profité pour squatter l’une de leurs tentes, d’abord pendant que Louise était au garage, puis parce qu’en fait, on trouvait ça trop super. On a donc créché là avec des personnes entre 20 et 35 ans de plusieurs pays et avec des parcours de vie très variés. On a à la fois appris plein de trucs en discutant avec chacunE et à la fois dû prendre sur nous pour cohabiter 24 heures sur 24 avec plein de monde. Entre l’inertie de groupe et des comportements dont on n’a pas forcément l’habitude, on a puisé bien profond dans nos réserves d’indulgence. Mais ça ne nous aura que bonifié et on aime quand même bien, de façon sporadique, cette vie en communauté.

Vanessa et Yiannis se tapent des journées de dingues mais ont à nouveau pris soin de nous comme des chefFEs. Cuisine maison qui sent bon l’été, sorties « Vendredis Tavernes », visite à la ferme à l’heure de la traite des chèvres, puis dans les oliviers alors que la récolte venait de commencer, on a tellement été gâtéEs ! Quel plaisir de voir ça et de constater l’évolution depuis le mois d’avril, quand on avait bossé dans ces mêmes oliviers ! Les personnes qui récoltent font preuve d’une dextérité monstre et d’une sacrée résistance physique pour ramasser une quinzaine de caisses par jour. La caisse dépasse les 20 kg et est payée cette année 2,80 euros. Les olives sont énoooormes, mais inmangeables telles quelles. Il faudra les plonger dans la saumure pendant quelques mois, avant de pouvoir les consommer. La famille de Yiannis produit principalement des olives « de bouche » et un peu d’huile, juste pour sa propre consommation.

Passage express au garage

Notre retour en fanfare à Eleochoria devait permettre à Louise d’aller chez le docteur pour soigner sa boîte à vitesses. En contactant nos amiEs depuis la Turquie pour leur demander leur aide, il semblait qu’on pourrait remplacer ladite boîte par une neuve. Il s’est avéré que non. Ce genre de pièces neuves est trop rare et le garagiste ne nous proposait en fait qu’une boîte d’occasion, sur laquelle on n’aurait pu obtenir que peu de garanties…On a donc renoncé à opérer Louise et à refaire des frais, surtout que d’après le spécialiste, elle peut encore « aller comme ça » pour quelques milliers de kilomètres. Gros flop, ou petit soulagement, notre cœur balance encore. Quoiqu’il en soit, on s’accommode de notre sort, ça nous a fait chaud au cœur de revoir Vanessa, Yiannis, mais aussi ses parents, leurs ouvriers et les habitantEs du village qu’on a aussi appris un peu à connaître en grec, à force…xD
On ne sait pas comment les remercier pour tout ça et on a très envie de les accueillir à notre tour où que ce soit d’ici quelques années. A moins qu’on ne retourne visiter la maison terminée…

Bilan turc

On voulait aussi faire un bilan de la Turquie avant de continuer. Plutôt que d’opposer des choses chouettes et des éléments moins chouettes, on préfère faire une synthèse de ce qui nous a marquéEs et/ou interloquéEs. Dans la série « on n’oubliera pas » :

  • Les montgolfières en Cappadoce au lever du soleil
  • L’hospitalité incroyable des TurcQUEs
  • Les somptueuses plages de la côte Sud
  • Ce que ça fait de vivre dans un pays dont le dirigeant a grave perdu les pédales, et les conséquences inquiétantes qu’il pourrait y avoir d’ici quelques temps…
  • Les beaux monuments de toutes les époques
  • La taille des drapeaux à la lune sur fond rouge qui flottent majestueusement un peu partout

Dans la série « on n’a pas vraiment compris » :

  • Comment on peut boire autant de thé sans mourir d’une crise cardiaque à 35 ans
  • Ces établissements appelés « cafés », mais où on ne consomme que du thé
  • Pourquoi boire du yoghourt dilué à l’eau en mangeant
  • Pourquoi aller se parquer directement dans le sable, et chercher à marcher le moins possible en toute situation
  • Comment on est ressortiEs vivantEs du trafic turc
  • Comment on peut vivre et travailler parmi des chaleurs pareilles
  • Tout ce que les indigènes ont essayé de nous dire en turc alors qu’on leur a dit qu’on ne parlait pas le turc, ceci ne les empêchant pas de continuer à nous parler en turc

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