Des cocotiers, des temples mayas et des églises 

La vie a suivi son cours encore quelques temps à Mahahual, où on s’est offert une sortie de plongée masque/tuba au Banco Chinchorro, un récif corallien à 30 kilomètres au large des côtes.

Après une heure de bateau à fond les manettes, on se jette à l’eau nous deux et notre guide Roberto, au milieu de rien…le bateau part déposer les plongeurs/-euses bouteille un peu plus loin, espérons qu’il nous souvienne d’où on est! L’eau est peu profonde, environ deux mètres, et les couleurs des fonds se déclinent en des nuances de bleu et de vert. Mettre la tête sous l’eau revient à découvrir un monde complètement parallèle. On admire des petits requins, des langoustes, des poissons aux teintes fluo incroyables, des coraux impressionnants et le clou du spectacle: une tortue marine au-dessus de laquelle on a pu nager quelques minutes. L’expérience est très intense entre les heures de bateau, la petite peur à dépasser et le spectacle qui s’est offert à nous.

Toujours à Mahahual, on a passé un chouette moment avec l’association Menos plástico es fantástico, avec qui on est restéEs une matinée à nettoyer la mangrove. C’était une goutte d’eau dans l’océan tellement il y avait de déchets mais c’était l’occasion de découvrir une initiative locale et de rencontrer du monde.

L’empilement de tacos du soir

Après encore quelques douces journées farniente, on a quitté notre petite cabane pour découvrir d’autres horizons du Mexique. 

Notre prochaine étape, c’était Bacalar et sa « lagune des 7 couleurs ». Une lagune d’eau douce dont les nuances rappellent un peu celles de la mer des Caraïbes d’ailleurs. Une chouette ville avec beaucoup de street art mais on y croise pas mal de FrançaisES et on sent que c’est très touristique. On voit aussi nos premiers « cenotes », des grottes souterraines dont le sommet s’est effondré laissant apparaître des eaux profondes. On a réservé dans un petit « hôtel » plutôt original. Décrivons-le comme un alignement de clapiers, ou peut-être plutôt de placards à balai séparés les uns des autres par des parois en papier mâché aussi épaisses qu’une couche de pâte feuilletée. En guise de toit, des tôles. Les douches sont à ciel ouvert et à l’eau froide, ça va de soi. Mais le proprio est sympa, nous prépare un bon petit-déj et nous raconte sa vie. Vu la proximité ambiante, mieux vaut s’entendre avec ses voisinEs de chambre. C’est notre cas, on sympathise avec le couple d’à côté (et on vit en temps réel leurs péripéties nocturnes) qui suit le même itinéraire que nous et qu’on reverra plus loin.

On part explorer la lagune en kayak. Il y a du vent, des vagues et on arrive à aller beaucoup moins loin que ce qu’on pensait. Après deux heures et demi à pagayer, on a mal partout et il nous faut un bon dîner pour récupérer. En fin de journée, on doit retrouver un gars rencontré pendant le ramassage de déchets qui a gentiment proposé de nous amener jusqu’à notre prochaine destination. 


Il nous laisse à Xpujil (on ne sait toujours pas comment ça se prononce). Ce sera notre base arrière pour une grande aventure dans la jungle, la mission Calakmul. 

On arrive à Xpujil de nuit. Le temps d’échanger deux mots…en français avec d’autres clientEs de l’hostel, on se dépatouille pour trouver une voiture de location qui nous aidera à mener à bien l’opération du lendemain. Calakmul, c’est un site archéologique planté au fin fond de la jungle. La façon la plus simple et économique d’y arriver, c’est malheureusement de prendre une bagnole et de suivre sur la route la demi-douzaine d’autres groupes de touristes qui a eu les mêmes infos… Mais ça fait partie de l’aventure, rouler 60 kilomètres dans la végétation dense pour atteindre cette ancienne cité maya. 

Le jeu en vaut la chandelle, on escalade des temples, on admire les singes araignées et on partage même notre pic-nic avec un scorpion tombé du toit de paille sous lequel on s’est assisEs pour grignoter. Les vues depuis le sommet des pyramides sont néanmoins impressionnantes, de la jungle à perte de vue tout autour. 

On poursuit après ça sur Palenque. La plupart des gens qu’on croise voyage très vite à notre goût entre le Yucatán et le Chiapas, multipliant les excursions à gauche à droite. On a un peu du mal à suivre, mais on avance quand même. Les ruines de Palenque sont un autre des « classiques » de la région. Une fois dans la ville, on décide de faire l’impasse, Calakmul c’était déjà trop super et on préfère savourer cette visite-là et se la remémorer plutôt que de la noyer dans un flot de nouveaux souvenirs. 

La halte à Palenque sera donc courte, on repart direct pour San Cristobal de las casas. 

450 dos d’âne plus tard

Il n’y en a « que » pour 215km, avec un changement de colectivo, minibus, environ à mi-chemin. Mais on n’est pas tout à fait sur une autoroute et il faut s’élever pas mal pour atteindre « San Cris » et ses passé 2000m d’altitude. Ça tourne, ça monte et ça secoue! On traverse beaucoup de hameaux perdus au milieu des forêts tropicales et montagneuses et la route est parsemée de bons gros gendarmes couchés, 450 d’après un rabatteur de colectivos de Palenque. Le trajet reste malgré tout très beau pour les paysages, touchant en voyant les conditions de vie des populations au bord de la route, typique puisqu’on a voyagé pendant quelques kilomètres avec une poule dans l’habitacle. Et Philippe de se demander: « j’aimerais bien voir ce qui se passe si tu prends ta poule dans le bus à Fribourg… »

San Cris, ses églises et ses babas

Arrivée avec les vertèbres bien tassées à destination. Première expérience de Couchsurfing pour Philou (hormis l’hébergement d’urgence lors de la panne de Milas). 

On tombe dans une coloc’ de babas quarantenaires où flotte en fait une ambiance d’auberge de jeunesse. Les gens vont et viennent, tout le monde utilise la cuisine, on partage la chambre des invitéEs avec une autre voyageuse. Nous voilà accueilliEs avec beaucoup de coeur et même si chacunE fait sa vie de son côté, on partage quelques bonnes discussions dans la salita. Pendant la journée, on part se balader, boire du café et du chocolat chaud du cru, arrepenter les marchés grouillants, déambuler dans les rues à gring@s. On retrouve le couple de Xpujil et on retrouve aussi Cindy, notre copinette connue en Turquie, dans le workaway agricole. Le hasard de nos calendriers et de nos déambulations nous ont fait coïncider et on s’en réjouit!

Il fait plus froid le soir et surtout la nuit, et on troque la piña colada en tongs contre le vin chaud en doudoune sous les lumières de Noël.

San Cris’ est une très belle ville de style colonial avec des maisons à un étage peintes en plein de couleurs vives. Certaines lourdes portes en bois laissent parfois apercevoir des patios tout aussi magnifiques, avec des arches et des colonnes en bois. On est tentéEs par la multitude de tours organisés proposés par des agences qui vous emmènent voir des cascades, des canyons, des populations indigènes. Mais au final, il n’en sera rien et on a l’impression de vivre déjà énormément de choses, tout en sachant que ce n’est que le début!

On éprouve toujours autant de joie à parler et écouter l’espagnol, langue qu’on aime fort toustes les deux. Philou fait des progrès de dingue autant que des sorties bien marrantes parfois (dont confondre « muy rico » (très bon) et « muy caro » (très cher) au moment de demander l’addition…) 

On est encore en phase d’adaptation à la vie de backpackers et on cherche nos rythmes et nos habitudes de vie. On a l’impression de se déplacer plus rapidement qu’avant, et l’une des autres grosses différences d’avec la vie en bus, c’est le fait de changer de lit, de maison, plusieurs fois par semaine. Mais on apprécie par contre de rencontrer davantage de monde et de ne pas avoir à conduire.

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